05 janvier 2017

A Loubaresse, Émilie Fina produit des biscuits artisanaux à la maison

A Loubaresse, Émilie Fina produit des biscuits artisanaux à la maison
De la confection à la vente, Émilie gère ses biscuits et gâteaux de A à Z.

Cookie, sablé, croquant… Depuis novembre 2014, Émilie Fina régale le marché de Saint-Flour avec ses biscuits aussi simples que généreux. Des biscuits confectionnés depuis chez elle.

 

Pour une fois, le « fait maison » porte bien son nom. On est bien loin de l’industriel ou même d’une pâtisserie : ses biscuits, Émilie Fina les fait chez elle. Dans une petite pièce de sa maison, attenante au gîte qu’elle loue, en plein cœur du bourg de Loubaresse. Une pièce qu’on jurerait être une cuisine lambda, si un robot à taille presque humaine ne trônait dans un coin. « Cela a été mon principal investissement. Avant, j’avais la version familiale et quand je voulais faire une brioche pour le marché, il fallait que je m’y reprenne à quatre fois. » Le reste du matériel demeure rudimentaire. Son four, par exemple : une gazinière, même pas digitale. « Je commence à connaître les bons réglages pour les gâteaux, sourit-elle. Mais c’est vrai que ce n’est pas pratique. Je ne peux faire chauffer que deux plaques en même temps, sinon, il y a trop d’humidité. Donc, je jongle entre les plaques pour gagner le maximum de temps. »

Comme elle jongle avec son emploi du temps. Car tandis qu’elle malaxe ou enfourne, elle s’occupe aussi de sa fille comme du gîte, où elle fait table d’hôte. « Quand je dois faire un repas, ça peut devenir compliqué. Pour ma fille, parfois, je la mets en crèche, sinon je travaille pendant sa sieste, j’ai de la chance, elle dort bien. Sinon, le soir. Les veilles de marché, je peux finir à deux heures du matin. »

 

« Travailler ainsi, c’est mon projet de vie »

 

Pour autant, Émilie ne se plaint pas. Car son atelier est presque luxueux par rapport à ce qu’elle a connu. « Quand je me suis lancée, je vivais à Saint-Flour, et je n’avais pas de pièce dédiée. Je travaillais sans point d’eau. Là, c’est pas mal ! » Et puis, travailler de manière si artisanale est un choix. « C’est mon projet de vie. Je me suis lancée dans la pâtisserie en reconversion, via le CAP d’Yssingeaux. Après, j’ai travaillé dans une grande pâtisserie à Lyon, chez Sève. Puis, j’ai suivi mon compagnon ici. Je n’avais pas les moyens de racheter une pâtisserie, et je ne trouvais pas d’emploi qui me satisfaisait. Alors, je me suis lancée seule, dans la biscuiterie d’abord, car c’est plus simple, en matière de travail comme de normes. »

 

« Mon beurre est bon, et je ne le plains pas »

 

Et quand elle dit seule, c’est seule, de bout en bout. Elle va chercher elle-même son beurre à la Chapelle­-Laurent : « Ils n’ont pas de camions ré­frigérés, donc ils ne livrent pas. » Elle fait elle-­même ses petites étiquettes en carton, les découpe et les attache aux pots en verre. Qu’elle vend sur le marché de Sain-t­Flour, le samedi matin.

« L’idée, à terme, serait de trouver des points de vente, c’est plus sûr, moins contraignant… Mais pour cela, il faut que je démarche, et il faut du temps. Et puis, il faut que je m’adapte. Par exemple, mes dates limites de consommation sont trop courtes. Et cela a fait peur aux touristes quand mes biscuits se sont retrouvés en magasin à Saint-Flour. » Mais les habitués, eux, savent qu’ils sont frais. Et à tomber par terre. Alors qu’ils semblent tout simples.

Ici, un cookie ; là, un sablé pécan avec une pointe de sel ; là, un croquant. Mais quel est le secret de ce goût dans la simplicité ? « Les produits de base, je pense. Mon beurre est bon, et je ne le plains pas. » La clé du succès donc. Avec sa créativité qui, de plus, lui a permis de se lancer dans la confection de gâteaux à la commande, pour des anniversaires, mariages… « Ça marche bien, pour l’instant, c’est rare que j’ai des week­-ends sans commandes. J’ai même dû en refuser des fois. » Voilà la limite de son système artisanal. Qui fait que ses biscuits, ses gâteaux, sont encore des secrets bien gardés.

Contact. http://www.maisondesbiscuits.net/

 

Yann Bayssat

La Montagne 04/12/2016