19 avril 2017

Allier : retrouvé malade puis soigné, un castor a été relâché dans la Sioule

Allier : retrouvé malade puis soigné, un castor a été relâché dans la Sioule
L’animal a retrouvé son milieu naturel après avoir été soigné pendant un mois et demi.

Une opération atypique s’est déroulée vendredi dans l’Allier sur les bords de Sioule. Un castor, pris en charge pendant plus d’un mois après avoir été retrouvé malade, a été remis en liberté.

Il avait été recueilli début mars, seul et affaibli, dans le domaine d’un couple d’horticulteurs de Bayet (Allier). « Il était tout maigre, calme, sous-alimenté », se rappelle Véronique, maîtresse des lieux. Alors il a tout de suite été pris en charge. Et un mois et demi après, le petit castor a pu retrouver son milieu naturel. Le point d’orgue d’une belle histoire où rien n’aura été laissé au hasard pour remettre sur pattes l’animal dont l’espèce est protégée depuis cinquante ans.

Au dire des responsables de l'association Panse Bêtes, qui ont piloté cette opération de remise en liberté, la prise en chage d'un castor relève d'ailleurs de l'exceptionnel. « C’est complètement atypique. D’habitude on s’occupe plutôt d’écureuils, de chauve-souris ou de hérissons », souligne Laurent Longchambon, président d’une association qui n’a pas ménagé ses efforts, depuis plus d’un mois, pour s’occuper du rongeur. 

Un vrai protocole de soins

D’abord pris en charge par une clinique vétérinaire, où il a été amené par le couple d’horticulteurs, le castor est ensuite arrivé au centre de soins pour mammifères sauvages de « Panse Bêtes », à Chamalières. Il y a été placé dans une hutte artificielle, avec un petit point d’eau. Dans ce petit espace, des soins quotidiens ont été apportés à l’animal. « Pour le nourrir, on a fait venir des branches de peuplier, de saule, de frêne », précise Laurent Longchambon.

 

 « C'est une opération atypique. D'habitude on s'occupe plutôt de hérissons, d'écureuils ou de chauves-souris » 

Laurent Longchambon, président de l'association Panse-Bêtes

 

Souffrant vraisemblablement d’un problème d’ordre infectieux à son arrivée, l’animal, âgé d’un peu plus d’un an, a ainsi regagné en énergie au fur et à mesure. En poids et en taille, aussi. Suffisamment pour pouvoir être relâché en toute sécurité, et à l’endroit même où il avait été recueilli.

« C’est très important, parce que les castors ont leur territoire, leurs repères. Et puis il est bien de le remettre en liberté chez les gens qui l’ont retrouvé », note Laurent Longchambon. 

Le couple d’horticulteurs n’a d’ailleurs rien manqué de cette opération insolite, suivie par une quinzaine de curieux, et par une équipe de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), qui s’occupe localement du suivi de l’espèce. « Quand on l’a retrouvé, je ne pensais même pas qu’on allait pouvoir le sauver », confie Véronique.

Aujourd’hui, c’est chose faite. Le castor a pu regagner la Sioule où il a peut-être retrouvé sa famille. Et si tel n’est pas le cas, peut-être migrera-t-il vers d’autres horizons.

 

 

Pierre Géraudie
Photos et vidéo : Dominique Parat

La Montagne 16/04/2017

 

Une espèce protégée  

Alors qu’il ne restait plus qu’une centaine de castors en France début XXe, on en recense aujourd’hui 15.000 sur le territoire national. Classé espèce protégée en 1968, le castor est réintroduit dans la Loire dans les années 1970. On retrouve sa trace dans l’Allier en 1987, tout au nord du département. Aujourd’hui, le rongeur a colonisé la Sioule et l’Allier.