18 avril 2017

Des produits du Cantal dans les cantines

Des produits du Cantal dans les cantines
Coralie Delpuech, de la ferme du Bos à Leynhac. © Photos Renaud Baldassin

Depuis deux ans, ils livrent la restauration collective publique via Agrilocal15.fr. Entre investissement sur l’avenir et accès à un marché de taille, trois producteurs cantaliens expliquent l’intérêt de la plateforme.

 

Cent producteurs d’un côté, cinquante-cinq acheteurs de la restauration collective publique de l’autre : lancée en 2015 par le Conseil départemental du Cantal, Agrilocal15.fr met en relation les deux parties. Avec succès : en deux ans, près de 100.000 € de commandes ont été passées sur la plateforme. De quoi permettre aux charcuteries de Pierrefort, aux yaourts de Cassaniouze et autres fromages de Leynhac de se faire une place à la table des collèges, maisons de retraite et hôpitaux. Une vraie filière économique en construction, racontée par trois producteurs cantaliens.

1. Des produits développés sur mesure aux Viandes des monts du Cantal

Bien plus qu’un énième débouché : Agrilocal15.fr représente 25 % de l’activité de l’entreprise Les Viandes des monts du Cantal, basée à Pierrefort, soit 6.000 à 8.000 € de vente par semaine. Pas vraiment une surprise : en 2015, suite à la reprise de la Maison Joffrois, ses dirigeants avaient identifié « un potentiel énorme avec les collectivités », explique Sébastien Maisonneuve, responsable de la production et de la commercialisation.

 

Les lauréats 2016 d'Agrilocal15.fr : Sébastien Maisonneuve (à gauche), des Viandes des monts du Cantal, a reçu le prix du fournisseur le plus actif ; et Valérie Veyrières et Christian Cellarier, représentants de l’hôpital d'Aurillac, le prix de l’acheteur le plus actif.

 

Si la démarche est un succès, c’est aussi parce que l’entreprise aux quinze salariés a su « développer des produits sur mesure pour les collectivités. Par exemple, le grammage de saucisse n’est pas le même quand on s’adresse à des enfants de maternelle. On a aussi créé une saucisse avec des pépites de cantal, pour changer. Et puis les cuisiniers des collectivités veulent de moins en moins de ficelles ou d’élastiques donc on fait des rôtis et des paupiettes sans ficelles. » Et l’entreprise en profite : « Ça change le métier de boucher et ça nous permet d’évoluer et d’innover. On ne peut plus se passer de la plateforme, d’autant qu’une petite PME comme la nôtre n’a pas forcément une force vive commerciale. Avec Agrilocal, tout est plus simple, puisqu’on reçoit toutes les offres directement sur le téléphone portable ! »

L’engagement des Viandes des monts du Cantal a été récompensé : mercredi 12 avril, lors du salon agrilocal dans l’atrium de l’Hôtel du Département à Aurillac, l’entreprise a reçu le prix du fournisseur le plus actif sur Agrilocal15.fr.

2. Un investissement sur l'avenir pour Didier Plantecoste

« On a livré jusqu’à 600 pots de fromage blanc sur coulis au collège de la Jordanne, à Aurillac, et vingt à trente kilos de tomme émiettée pour la truffade donc ce n’est pas anodin, ça représente environ 10 % de notre activité », chiffre Didier Plantecoste. Mais aux yeux du producteur fermier installé à Cassaniouze, l’investissement est surtout sur le long terme : « On avait déjà un contact direct avec la population mais là, on touche nos gamins, qui sont comme des ambassadeurs. Ils aiment ou non les produits mais au moins, ils les goûtent ! Et puis ils peuvent en parler à leurs parents… »

 

 

Didier Plantecoste, producteur fermier à Cassaniouze. Un investissement sur l’avenir, donc, surtout que Didier Plantecoste en est persuadé : « Les jeunes veulent quelque chose qui ressemble à de la nourriture, savoir d’où ça vient et que ce soit bon. » Seule limite, pour l’heure, à la croissance sur Agrilocal15.fr : « On va devoir faire un chèque pour investir dans un camion réfrigéré, car la glacière, ça ne suffit pas toujours, notamment pour livrer l’hôpital », constate Didier Plantecoste.

3. Un marché jusqu'ici inatteignable pour la ferme du Bos

Productrice de yaourts, de fromage blanc mais aussi de ses propres fromages « Lou Carretou » et « Lou Parou », « que les enfants aiment bien car c’est assez doux », Coralie Delpuech, de la ferme du Bos à Leynhac, tire elle aussi un bilan positif de deux années d’échanges commerciaux sur Agrilocal15.fr.

Elle livre notamment 300 yaourts tous les quinze jours, au collège de la Jordanne, mais aussi aux résidents de la Maisonnée du Cap Blanc à Aurillac. Des marchés qu’elle pensait jusqu’ici inatteignables. « Je suis productrice, je ne suis pas commerciale et je ne suis jamais sur la route, explique-t-elle. Agrilocal, ça nous a donné accès à des collectivités que je n’aurais jamais pensé livrer. C’est une vraie vitrine, c’est très facile à mettre en place et puis c’est gratuit ! »

Arthur Cesbron

La Montagne 15/04/2017