18 avril 2017

Devenir un Robinson des bois

Devenir un Robinson des bois
Apprendre à faire du feu, un arc ou une cuillère à partir de matérieu trouvés dans la nature, un rêve pour les petits comme les grands que Robert réalise à Laval-sur-Doulon en Haute-Loire. © Photo DR

Le bushcraft, une nouvelle tendance pour oublier tous les problèmes de la civilisation en communiant avec la nature. Une vie d’aventurier le temps d’un week-end pour souffler en profondeur.

 

Oublier les problèmes d’embouteillages et de pollution de l’air. Se libé­rer de la tyrannie des smartphones. Laisser derrière soi les contraintes de la vie moderne. Pour un week-end ou une semaine, la nouvelle façon de retourner aux sources à un nom : le bushcraft.

 

Définition du bushcraft

Le bushcraft est un mot anglais qui signifie littéralement «artisanat du bush». En Europe et aux États-Unis, on parle plus de woodcraft, ou «art des bois». Les deux termes désignent une pratique de vie dans la nature.

 

Un terme anglais qui signifie littéralement « artisanat de la brousse ». Car le concept vient tout droit d’Afrique du Sud et de Nouvelle-­Zélande. Mais il se transpose très bien aux forêts auvergnates . « D’une certaine manière, c’est une façon de réapprendre des traditions typiquement françaises, comme la vannerie par exemple », analyse Robert Harrison, un anglais qui propose des cours de bushcraft depuis 6 ans.

Installé avec femme et enfants à Laval­-sur­-Doulon (Haute-Loire), Robert offre aux vacanciers et aux groupes en recherche d’un week­-end Le bushcraft, une nouvelle tendance pour oublier tous les problèmes de la civilisation en communiant avec la nature. Une vie d’aventurier le temps d’un week-end pour souffler en profondeur. de cohésion, des cours de survie dans la « forêt sauvage » des contreforts du Livradois.

Ici, pas de risque de tomber sur un grizzli, ni de mourir de faim alors que le restaurant le plus proche est à 7 km… Ce qui compte, ce n’est pas le danger, mais plutôt l’impression de dépaysement. Robert Harrison voit le bushcraft comme un savant mélange entre les techniques de survie et les gestes oubliés des anciens. « Petit, j’ai fait les scouts. J’y ai appris à faire des nœuds mais surtout à aimer cette vie en plein air. »

> Diplômé en vie sauvage

Devenu grand, l’ancien professeur de fitness a un peu oublié les joies de l’aventure. Jusqu’à ce qu’il croise la route de Ray Mears, un expert du bushcraft très médiatique, qui a fondé en Angleterre une école où il enseigne les différentes techniques de la vie dans les bois. Robert, qui a assisté aux cours du maître, est en quelque sorte « diplômé en vie sauvage ». Une expertise qu’il met avec plaisir au service de ses hôtes.

 

Robert enseigne l’art d’allumer un feu avec un peu d’écorce, des herbes sèches, un silex ou une loupe et à faire cuire un gâteau dessus. 

 

 

> Fabriquer un arc, une cuillère en bois

À ses « élèves », Robert enseigne l’art d’allumer un feu avec un peu d’écorce, des herbes sèches, un silex ou une loupe et à faire cuire un gâteau dessus. Il leur apprend aussi les rudiments du « woodcraft » – l’artisanat du bois – : fabriquer un arc et des flè­ches avec des branchages pour les enfants, confectionner une cuillère à partir d’une branche de pommier pour les adultes. « Certains se passionnent pour cette cuillère, ils y passent toute la semaine et fabriquent de très beaux objets », constate Kathryn, la femme de Robert.

> Reconnaître les plantes comestibles et les empreintes des animaux

Les cours de bushcraft ne s’arrêtent pas là. Après avoir appris à fabriquer un feu et des objets pour la chasse, il s’agit ensuite d’apprendre à se nourrir. « Je ne leur apprends pas à chasser avec les arcs. Plutôt à reconnaître les plantes comestibles et les empreintes laissées par les animaux sauvages. J’ai une collection de cacas d’animaux qui plaît beaucoup aux enfants. »

À l’aide d’une caméra-piège, Robert aime «capturer » les images des animaux qui se baladent dans les bois, à quelques mètres à peine du campement. Il les livre ensuite au regard émerveillé de touristes qui n’en imaginaient pas tant. « La plupart de nos hôtes sont des urbains, constate Robert. Rien que d’aller chercher les œufs dans le poulailler les ravit. »

> Une activité qui plaît aux enfants

Les enfants aussi, y trouvent un plaisir sans limite. « Les parents sont toujours étonnés que leurs enfants ne réclament pas leur tablette. À la fin de la semaine, ils nous disent souvent qu’ils les trouvent “grandis”. » Il faut dire que ces petits citadins surprotégés adorent vivre comme de vrais Robinsons. Daisy et Olive, les deux filles de leurs hôtes, leur servent de guides dans des bois qu’elles connaissent comme leur poche. « Elles nous disent souvent “papa, maman, on part à l’aventure” », raconte Kathryn, un accent de fierté dans la voix. Bon sang ne saurait mentir…

► Contact. Auvergne naturelle, Robert et Kathryn Harrison, Le Cros, Laval-sur-Doulon. Tel. : 06.70.04.53.64.

Géraldine Sellès

La Ruche 14/04/2017

 

Les dix commandements pour débuter le bushcraft en douceur

Voici les dix commandements que le bushcrafteur amateur sera avisé de suivre s’il veut profiter d’un agréable moment dans les bois.

1. Les bons outils tu emporteras. Si les puristes refusent l’usage de tout outil manufacturé, la plupart des bushcrafteurs se munissent d’un bon couteau, d’une scie à bois pliable et d’une casserole. Certains ajoutent à cette panoplie un duvet, un tarp (une tente minimaliste) et une hachette. Et une trousse de premier secours, sait-on jamais.

2. Le feu tu maîtriseras. Savoir allumer un feu même quand le temps et le petit bois sont humides peut se révéler une source de confort infini.

3. Rendre l’eau potable tu apprendras. C’est le nerf de la survie. Compliqué en effet de passer trois jours en autonomie sans eau. Et très peu aventurier de partir avec un pack d’eau minérale sur le dos…

4. Autonome en nourriture tu seras. Compter se nourrir exclusivement de ce que l’on trouvera en forêt est un peu ambitieux. Mieux vaut glisser dans son sac quelques rations de survie. Pour ne pas revenir au bout d’un jour et demi, complètement mort de faim.

5. L’art de dompter le bois tu apprendras. Avant de partir pour son premier camp en pleine nature, mieux vaut s’entraîner à couper, épointer et assembler les branchages. Histoire de ne pas se couper avec son couteau en cisaillant la première branche venue et de se const ruire un ab ri qu i n e s’effondrera pas au premier coup de vent.

6. Tous les jours, d’emplacement tu changeras. Il ne faut pas confondre le bushcraft avec du camping. L’idée est de s’aventurer chaque jour un peu plus dans le « wild », c’est-­à­-dire la nature sauvage.

7. Le bushcraft, un plaisir cela restera. Le bushcraft, ce n’est pas non plus de la survie, une situation qui n’est pas choisie, mais subie. Le bushcrafteur cherche à prendre plaisir de la nature environnante et à tirer partie de ce qui l’entoure.

8. Des grands maîtres tu t’inspireras. Il y existe plusieurs « gourous » du bushcraft, la plupart anglo-saxons . Certains ont même leurs propres émissions de télé, comme Ray Mears ou Bear Grylls, qui a animé Seul dans la nature ou Mission survie, sources d’inspiration pour nombre de bushcrafteurs.

9. Ton expérience tu partageras. « Tout est meilleur quand on le partage », dit le proverbe. Le bushcraft n’échappe pas à la règle et permet aux groupes de revenir de l’expérience plus soudés.

10. La nature tu respecteras. Laisser traîner derrière soi ses papiers gras, quelle horreur. Un bon bushcrafteur met un point d’honneur à ne laisser aucune trace de son passage.