15 mai 2017

Du savon de bouleau sorti du labo

Du savon de bouleau sorti du labo

Au lycée Louis-­Mallet de Saint-Flour (Cantal), on fabrique des produits cosmétiques avec des producteurs locaux. Quand la science s’associe à un récoltant de sève de bouleau, le résultat prend la forme d’un savon marbré. Explication.

 

Cinq ans. C’est le temps qu’il a fallu à Nathalie Stuttgen­-Prel, récoltante de sève de bouleau à Montsalvy, pour mûrir son projet.  Plusieurs produits issus de cet arbre garnissent déjà les étals du Domaine des Cazottes où elle réside et travaille. Ce qui lui manquait ? « Le savon marbré tout bouleau », explique-­t-­elle.

Pour cela, Nathalie Stuttgen-­Prel s’est tout naturellement tournée vers le lycée agro-environnemental Louis-Mallet et son laboratoire spécialisé dans la fabrication de produits cosmétiques à base de matières premières d’origine naturelle.

Nathalie Stuttgen­-Prel récolte la sève de bouleau une fois par an à Montsalvy dans le Cantal. © Photo Christian Stavel.

 

> Sève, feuilles et écorce

Tout a commencé en 2016. Après douze mois de recherches, Nathalie Ferrer, chimiste, et Nathalie Stuttgen-­Prel sont parvenues à trouver la recette d’un savon mariant la sève, l’écorce et les feuilles de bouleau. Après deux mois de séchage, les pains de savon pouvaient être enfin coupés en portion de 100 grammes. Et là, surprise, les veines formées par la poudre d’écorce et de feuilles lui ont donné cet aspect de délicieux gâteau vanille et chocolat. Pas question d’y goûter, ni, pour le moment, de l’utiliser pour se laver. Le savon marbré tout bouleau n’est pas encore commercialisable en l’état. « Il faut patienter encore trois semaines que le PH (acidité) baisse », explique Marie Magot, de l’atelier technologique.

L’élaboration de ce produit cosmétique en partenariat avec le laboratoire possède une seconde vertu, celle d’obtenir l’indispensable CPNP (Cosmetic Products Notification Portal). Avant sa mise sur le marché, tout produit cosmétique doit être notifié auprès de la Commission Européenne. La récoltante de sève n’avait pas fait le trajet depuis son exploitation pour rien.

> Nouvelle expérimentation

Une seconde recette, pour un nouveau savon « tout doux », est en cours d’expérimentation. Huile d’olive, soude caustique, sève, bergamote et pétales de Calendula entrent dans la composition de ce nouveau produit cosmétique qui devra être testé, et approuvé, par le laboratoire et son commanditaire. La réponse viendra d’ici quelques mois. Et la collaboration entre les deux parties n’en est qu’au début, puisque Nathalie Stuttgen­-Prel a d’autres projets en tête.

Coût - L’élaboration et la fabrication des premiers savons reviennent à 111 € HT. Le savon de 100g sera vendu environ 5 €. Les tarifs diffèrent selon le poids, la fourniture des matières premières… Mail : atechno.stflour@educagri.fr

David Allignon 

La Montagne 14/05/2017