12 mai 2017

Jean-Luc Marcastel remet le couvert

Jean-Luc Marcastel remet le couvert
L’auteur aurillacois à l’Auberge des montagnes à Pailherols. Un endroit dont il s’est inspiré pour écrire son nouveau roman. © Photo Renaud Baldassin

Dans un décor cantalien qu’il affectionne, l’auteur aurillacois emmène le lecteur dans une aventure fantastique. Un nouveau roman à déguster dans les cuisines d’une drôle d’auberge.

 

La réputation de l’Auberge des montagnes à Pailherols n’est plus à faire. Un havre de paix, dirigé par une famille épatante, dans un décor magnifique, où l’on sert une cuisine qui exalte les papilles. Un endroit hors du temps, que certains visiteurs qualifient même de magique. Ils ne se doutent pas que cette magie est peut­ être plus présente que ce qu’ils imaginent. La prochaine fois qu’ils viendront dans ce coin du Carladès, ils jetteront un œil différent à chaque porte, chaque couloir.

 André Combourieu, passeur de témoin à la jeune génération qui dirige désormais l’établissement, devrait sentir quelques regards affectueux se tourner vers lui. Des regards interrogatifs aussi pour peu que les clients se souviennent de la fin du septième chapitre du nouveau roman de Jean-­Luc Marcastel. Quand Monsieur Raymond explique qu’« ici, on l'appelle l’Auberge des montagnes.C’est par ce nom qu’elle est connue dans cette réalité, parce que les habitants ignorent sa vraie nature. Ils la voient juste comme une belle auberge, un endroit où on peut venir se mettre au vert en plein cœur des montagnes d’Auvergne. Mais dans toutes les autres réalités on la nomme Pa’Hi’Rhol… L’Auberge entre les mondes ».

 

« J’aime faire rêver les gens. Si, en plus, je peux les faire réfléchir, c’est encore mieux »

 

Cette découverte, ou plutôt cette idée, Jean­-Luc Marcastel l’a eue justement un matin à l’Auberge des montagnes. « Entre un cake aux myrtilles et un café ». Il s’est posé une drôle de question : « Et si on ne voyait en fait qu’une partie de l’auberge ? Là, au milieu des monts du Cantal, j’ai eu envie de décliner à ma façon la théorie des super-cordes (ndlr, théorie qui propose notamment des dimensions spatiales supplémentaires). Et si on était à un endroit où se croisent des mondes ? »

 

« Au­-delà de l’histoire, j’aborde des thèmes comme l’écologie, la liberté, le regard des autres. »

 

Voilà l'auteur aurillacois reparti dans ce qu’il adore. Jouer avec l’imaginaire, lui qui est classé comme auteur de romans fantastiques et de fantasy et qui préfère se définir comme « auteur de romans populai res » . « J’aime faire rêver les gens. Si, en plus, je peux les faire réfléchir, c’est encore mieux. Dans mes romans, au­-delà de l’histoire, j’aborde des thèmes comme l’écologie, la liberté, le regard des autres… Voir le monde par le filtre de l’imaginaire permet de parler de la réalité de manière plus libre. »

> Comme une bonne recette de cuisine

Si Louis le Galoup, le roman qui lui a ouvert la reconnaissance du public, comme d’autres de ses livres ont d’abord été classés dans la littérature jeunesse, Jean-­Luc Marcastel a dès le début sé­duit des lecteurs de tous les âges. « J’ai effectivement un panel assez large de lecteurs… peut­-être parce que la jeunesse dure longtemps aujourd’hui », sourit celui qui aime toujours autant faire des rencontres lors des festivals et des séances de dédicaces où sa capacité à sublimer un petit mot, un encrage sur une page font toujours plaisir.

Ce qui ne ferait pas plaisir, c’est de "spoiler" son dernier ouvrage qui se dé­vore comme une bonne recette de cuisine. Pas étonnant. « J’adore la cuisine ! Alors, dans cette histoire où je mêle le fantasy avec ce jeune mitron, cet apprenti Nathan qui est au cœur de ce premier tome, je suis à l’aise. Un vrai bonheur. »

> Pounti, cromesquis au cantal, clin d’œil et recettes

Dans L’Auberge entre les mondes, Jean-­Luc Marcastel fait plonger Nathan et son ami Felix dans une aventure qui en appellera d’autres. « Dans l’absolu, j’aimerais cinq tomes. Avec, à chaque fois, un livre qui se boucle, mais une trame générale sur l’ensemble de la série. Évidemment, pour l’éditeur, cela sera subordonné au succès ou pas de ce premier tome ».

Pour le moment, le Cantalien est déjà plongé dans l’écriture du deuxième opus dont la parution est prévue pour dé­ but 2018. Mais il ne va pas dévoiler la suite maintenant. Il va laisser mijoter son public. Juste le temps de déguster « Péril en cuisine » qui ouvre la saga. À ses fidèles lecteurs et aux nouveaux, il va laisser le temps de découvrir quelques ingrédients originaux, dont il est coutumier. « J ’ai mis des références à Lewis Carroll, à Harry Potter, à Lovecraft. Ceux qui connaissent apprécieront. Pour les autres, ça ne gêne en rien ».

Et des pointes d’humour ne gâchent rien non plus quand on appelle Felix un de ses personnages au tempérament… félin. Si l’ancien prof d’histoire, qui fêtera ses 48 ans le 14 mai, s’est fait plaisir en écrivant, il a aussi voulu partager le plaisir aux fourneaux. Au bout du roman, il a donc proposé un dessert avec « Les bonnes recettes de Tonton Kolkrabbi et Tonton Bleksprutt ». Le lecteur qui se veut apprenti cuisinier comme Nathan pourra s’essayer aux pounti, cromesquis au cantal et slices au caramel et à l’orange. Des recettes revues, testées et expliquées sous forme de dialogue. « Là­ haut, à l’ Auberg e des montagnes, je me suis toujours régalé. Pourquoi ne pas imaginer que le chef de Pailherols nous propose une recette dans le tome 2 ? ». En attendant, c’est la cuisine de l’Auberge entre les mondes qui est au menu.

Gilles Lalloz

La Montagne 10/05/2017