19 mai 2017

[ A deux pas d'ici ] La communauté Eotopia de Benjamin Lesage filmée par Arte

[ A deux pas d'ici ] La communauté Eotopia de Benjamin Lesage filmée par Arte
La propriété de trois hectares a été achetée 65.000 €. A terme, un éco-village devrait voir le jour avec de petites structures, en paille, terre et palette de bois pour chaque résident.

Au coeur de la nature, au Jardin Jolivet, entre Cronat (Saône-et-Loire) et Gannay (Allier), la propriété de Benjamin Lesage et de son épouse, Yasmine, a fait l’objet pendant deux jours d’un reportage filmé par Arte. En effet, elle héberge une communauté végane qui tente de vivre en autonomie, à l’écart du consumérisme et de l’économie marchande. Rencontre avec ces gens manifestement heureux.

Ce n’est pas le bout du monde. Mais ça y ressemble. Non loin du village de Cronat, un petit chemin bordé de haies nous conduit à l’entrée de la propriété de 3 hectares. Elle est envahie de verdure. Il faut faire encore quelques mètres à pied pour arriver à une maison campée en surplomb. On aperçoit, ici et là, de petites tentes, un peu plus loin une caravane et de vieux appentis.

Benjamin Lesage est entouré par l’équipe d’Arte qui interroge, filme, prend le son et se déplace au fil de l’arrivée de visiteurs, captant, ici et là, des témoignages spontanés.

 

Benjamin Lesage explique le fonctionnement d'Eotopia, partagé en parts de 5.000 € pour douze résidents prévus à terme.

Non loin, Yasmine, sa jeune femme mexicaine, tient dans ses bras leur fille Ada, 26 mois. A l’intérieur de la maison ouverte, vaquent Lucie, Roman, Sandrine, Julien, Antoine… Ils terminent la préparation de hors-d’oeuvre végétariens. Lieu végan, Eotopia proscrit la viande. Mais également la cigarette, les drogues et l’alcool. Tout à l’heure, en guise d’apéritif, on pourra goûter un breuvage maison fait à base d’un champignon aux bienfaits médicinaux reconnus : le kéfir. Mélangé à l’eau, il est riche en vitamines.

Sous la toile bleue, on discute. Lors du tournage d’Arte, des visiteurs se sont déplacés. Il y a les deux frères, Georges et Sébastien, qui sont déjà venus prodiguer des conseils en matière de jardinage et de mode de vie en autonomie. Il y a aussi Félix, un Hollandais installé à Vitry, au Café Merlette, Peter, le propriétaire du Domaine du bourg à Gannay, et William de Mont. Des Cronatois sont également venus en voisins. Parmi eux, le maire de la commune. Ainsi que Sabrina, l’épicière locale chez laquelle le couple Lesage vient acheter riz, pâtes et céréales.

 

Belle soirée et excelente semaine de boulot, tournage, visites!

Publié par Eotopia sur vendredi 12 mai 2017

 

Leur potager ne suffit pas à leur consommation. Benjamin Lesage parle aussi d’éducation, en expliquant que, pour l’heure, sa fille Ada n’ira pas à l’école communale : « Nous sommes très sensibles à l’idée d’une éducation où les adultes ne sont qu’accompagnateurs et mettent à disposition les outils pour que les enfants fassent leur apprentissage à leur rythme, sans leur imposer des horaires et trop de contraintes. Mais si, arrivée à un certain âge, elle en émet le désir, elle sera scolarisée ».

 

PORTRAITS DE RÉSIDENTS  

Sandrine, 49 ans, orthophoniste, militante antispéciste. Originaire du Loir-et-Cher, Sandrine a eu vent d’Eotopia et a rencontré Benjamin Lesage en 2014. Elle est auteur du Cri de la carotte, un livre de vulgarisation du combat contre le spécisme. Avec son compagnon, Roman, elle a lu L’Homme sans argent, de Mark Boyle, qui retrace le parcours d’un Américain qui a fait sien le principe de vivre en dehors des échanges monétaires. « Pour la première fois, j'ai compris pleinement le lien entre l'argent et la condition terrible faite aux humains et aux animaux. J’ai alors cherché à rejoindre une communauté».

Lucie, titulaire d’un bac paysagiste, écologiste, végétarienne puis végane. Originaire de Paris, Lucie a quitté son travail et a rencontré Benjamin Lesage par le biais du site Eotopia. « Ce lieu correspond à l’endroit où j’avais envie de vivre car il prône mes valeurs. Je suis trop sociable pour vivre toute seule, il me fallait une communauté. Là, je peux vivre de manière écologiste. Après plusieurs expériences dans des communautés différentes, je me suis installée ici dans une caravane. Mais à terme, chaque résident construira son éco-construction en terre, paille et palette de bois ».

 

Plus d'informations 

Site internet : http://www.eotopia.org/
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Rémy Langlois
La Montagne 18/05/2017