18 mai 2017

La fourme aura une année très rock

La fourme aura une année très rock
Présente sur le festival Europavox, du 30 juin au 2 juillet, la fourme d’Ambert devrait aussi être dans les allées du festival parisien Rock en Seine, du 25 au 27 août. © Photo d'archives Fred Marquet

L'AOP fourme d’Ambert séduit de plus en plus de consommateurs. Et travaille à se forger une nouvelle image aux notes musicales très rock.

 

«2017 a bien débuté, tous les voyants sont au vert », se réjouit Aurélien Vorger, le directeur du Syndicat interprofessionnel de la fourme d’Ambert (Sifam). Cette « grande dame au cœur tendre », l’un des cinq fromages AOP d’Auvergne, fait fondre de plus en plus celui des consommateurs avec des ventes en hausse. Et pas mal de projets, présentés lors de l’assemblée générale du syndicat, jeudi 11 mai à la délé­gation d’Ambert de la CCI, pour en faire un met gustatif tendance. Tendance rock !

1 - Des chiffres en hausse. La fourme d’Ambert AOP, c’est une croissance de 3,8 % soit quelque 200 tonnes en plus sur les deux secteurs de la vente à la coupe et la restauration des foyers. Le tout « dans un environnement pas terrible pour les bleus et les fromages », estime Aurélien Vorger. Ainsi, dans le premier secteur, la fourme arrive en 2e position des fromages les plus vendus avec presque 1.300 tonnes, le premier étant le roquefort avec environ 2.000 tonnes « mais sur une production globale de 5.400 tonnes pour nous et 16.000 tonnes pour le roquefort », remet en perspective le directeur du Sifam.

> Un développement envisagé en Allemagne

Pour la restauration des foyers, « les entreprises développent pas mal de gammes qui permettent d’avoir une visibilité dans les grandes chaînes nationales et chez les plus petites, de plus en plus ». Côté exportations, là aussi les ventes sont bien reparties avec la volonté de se développer notamment sur l’Allemagne.

2 - Trois projets de production fermière envisagés. L’AOP totalise désormais 1.088 producteurs (1.140 l’an dernier) : une légère érosion due tant aux dé­parts en retraite qu’à une trentaine de sorties, « une quinzaine suite à des contrôles ». Une dizaine de producteurs laitiers ont, eux, été habilités ainsi qu’un nouveau transformateur (ils passent de six à sept). Enfin, trois projets de production fermière sont prévus pour 2017­ 2018, permettant de passer de 4 à 7producteurs, «un dans le Puy-­de­-Dôme, deux dans le Cantal ».

3 - Un nouveau président cet automne. Présidence tournante entre les différents collè­ges oblige ­les producteurs (producteurs de lait et producteurs fermier) ; les collecteurs, transformateurs et affineurs coopératifs ; les collecteurs, transformateurs et affineurs privés ­ un nouveau président devrait être élu à l’automne. Après Guillaume Lamy, des Fromageries occitanes du second collège, le futur président devrait être un producteur de lait.

4 - Insister sur la qualité. En 2017, le Sifam souhaite continuer à travailler sur la qualité, « c’est le fer de lance de l’appellation », appuie Aurélien Vorger. Des nouveaux projets sont ainsi envisagés pour accompagner la filière, notamment sur le libre­-service « en proposant de nouveaux emballages, en apportant de nouvelles solutions pour être plus présent ».  

5 - Plus de 40.000 fans sur Facebook. Une présence accrue, notamment en Allemagne avec un budget communication triplé (de 10.000 à 30.000 €) et qui passe par le développement de la notoriété de la fourme d’Ambert. « On a créé une page Facebook qui totalise plus de 40.000 fans ». De même, le syndicat a organisé un concours de recettes à destination des blogueurs (dont la finale est le 13 juin) « afin d’avoir de nouvelles idées ».

6 - La fourme associée à la musique. D’autres événements, qui ont touché quelque 38.000 personnes en direct, devraient aussi être reconduits, notamment autour du monde de la musique. Une façon « de rajeunir les consommateurs, en touchant les 30­-40 ans, qui sont réceptifs aux messages de qualité, de contrôle, d’origine de la fourme d’Ambert ».

> Présents à Rock en Seine

Aussi après Europavox, la fourme devrait­-elle être associée au festival Rock en Seine, du 25 au 27 août et ses 120.000 visiteurs sur trois jours. Une idée aussi suivie sur les Fourmofolies (les 5 et 6 août) pour en faire également un festival « musique, gastronomie et terroir ». Huit concerts avec des jeunes talents, castés par la Coopérative de Mai à Clermont-­Ferrand, sont pré­vus cet été. Quant à l’événement « Happy Fourme », il devrait investir cette année les centres­villes de Lille (30 septembre) et Marseille (21 octobre).

Sur ces différents événements, le Sifam aura à sa disposition un nouveau stand, « comme une scène circulaire de 6x11 mètres pour faire la cuisine, des démonstrations de fabrication, de la vente… »

Enfin, l’édition d’un nouveau livret de recettes à base de fourme d’Ambert est également sur les tablettes. Et pour que la fourme d’Ambert soit encore plus présente, sur les tables des foyers comme des restaurants, une opération d’envergure est prévue au 3e trimestre 2017. « On va essayer d’organiser un mois fourme d’Ambert dans une centaine de restaurants en France, à Nice, Marseille, Lyon, Nantes et évidemment en Auvergne ». Et envisager les années à venir toujours en aussi bonne « fourme » !

 

François Jaulhac

La Montagne 15/05/2017