16 mai 2017

Salaison - La Maison Thoumieux rejoint Le Cayrolais (15)

Salaison - La Maison Thoumieux rejoint Le Cayrolais (15)
Christiane Thoumieux, Henri Manhès et Jean-Michel Thoumieux (de gauche à droite). © Photo Lucie Paulus

Déjà à la tête des produits estampillés « Le Cayrolais » et « Le Roquet », le salaisonnier cantalien Henri Manhès vient de reprendre la Maison Thoumieux, de nombreuses fois récompensée pour ses saucisses sèches.

 

« Un jour, Jean­-Michel m’a appelé et m’a dit : “Je vais arrêter et je voudrais que ce soit toi qui reprennes”.» Touché par cette marque de confiance « d’un confrère plus que d’un concurrent », Henri Manhès va continuer à faire vivre l’âme et l’histoire de la Maison Thoumieux.

> Deux salariés et un séchoir à jambons

Depuis le mois d’avril, le salaisonnier cantalien a repris cette petite entreprise familiale installée depuis 70 ans au cœur du village de Boisset (613 habitants), dans la Châtaigneraie cantalienne, qui a compté jusqu’à trois charcutiers. Jean­Michel Thoumieux était le dernier. Les frigos ont été arrêtés et les derniers jambons rentrés fin mars.

> Un gosse passionné par le patrimoine gastronomique cantalien

Bien sûr, il y a la motivation professionnelle derrière cette reprise, mais pas seulement. Il y a aussi le rêve « d’un gosse élevé au-­dessus d’une cave à fromage » et « passionné par le patrimoine gastronomique cantalien » qui se poursuit. Dans les mots d’Henri Manhès transpire la fierté de contribuer à la préservation du savoir-­faire de cette maison, maintes fois récompensée pour ses saucisses sèches.

C’est cette même motivation qui a déjà conduit cet ancien assureur à racheter les produits estampillés Le Cayrolais en 2002, Le Roquet en 2005, et la crémerie Leroux, en 2006. En dehors des recettes et des secrets de fabrication de la Maison Thoumieux, Henri Manhès reprend deux salariés, ainsi qu’un séchoi  à jambon de 140 m2 , installé près de la gare de Boisset. « Jean-­Michel a mis quelque temps à le mettre au point, mais là, c’est bon. Son jambon sec est plus moderne que celui du Cayrolais, et cela est dû à un repos froid plus long et davantage de maturité, entre 9 et 12 mois. »

> Distribution traditionnelle, boucherie et épicerie

Les produits Thoumieux seront réservés à la distribution traditionnelle, à la boucherie et à l’épicerie. « Chaque marque a ses propres goûts, saveurs et textures, continue Henri Manhès. On a tous des processus de fabrication différents. On ne fait pas la même chose à Laroquebrou, à Cayrols et à Boisset. C’est ça qui est inté­ressant. » Ce rachat va également permettre au chef d’entreprise de concrétiser une idée dans ses cartons depuis des années : regrouper toute la production sur un seul site dans la zone d’activités de Cayrols. 

 

« C’est la façon de faire d’Henri qui m’a sé­duit. Il va faire vivre ce que mon père Louis et moi avons créé.  »

 

Aujourd’hui, le groupe créé par Henri Manhès emploie vingt­-neuf salariés et produit près de trois tonnes de saucissons et deux cents jambons par semaine, pour un chiffre d’affaires de 3,3 millions d’euros. Jean-­Michel Thoumieux, qui souhaitait prendre sa retraite après 44 années consacrées à la société familiale, est ravi de cette reprise. « C’est la façon de faire d’Henri qui m’a sé­duit. Il va faire vivre ce que mon père Louis et moi avons créé. J’étais un peu vexé de ne pas pouvoir continuer et que mon fils ne reprenne pas l’affaire familiale. Quand j’ai vu que ça allait continuer à exister, ça m’a redonné la pêche. » Une façon de boucler la boucle en quelque sorte. Il y a quinze ans, c’est Jean-Michel Thoumieux qui avait dit à Henri Manhès, alors assureur, qu’il y avait une affaire à reprendre à Cayrols… 

Emmanuel Tremet

La Montagne 16/05/2017