20 avril 2017

Le bon début de saison des arbres fruitiers compromis par le gel ?

Le bon début de saison des arbres fruitiers compromis par le gel ?
L’arboriculteur Thomas Dumas est satisfait de la floraison des fruitiers, mais se veut encore prudent avec la météo annoncée.

Des gelées sont craintes dans les prochains jours, ce qui pourrait nuire aux arbres fruitiers qui connaissent jusqu’à présent une saison prometteuse. Thomas Dumas, du Conservatoire d'espaces naturels Auvergne, fait un état des lieux.

Est-ce qu’il y aura des fruits cet été ?

La question se pose après une dernière saison difficile. « L'an passé nous avons eu très peu de fleurs, le printemps a été très humide, avec un fort coup d'eau en mai. Chez les fruitiers, si le départ est raté, c'est fini pour le reste de l'année », affirme Thomas Dumas, chargé de mission sur les actions vergers et arbres remarquables, au Conservatoire d'espaces naturels (CEN) d'Auvergne.

 

« On a dix à quinze jours d'avance grâce au mois de mars qui a été très ensoleillé et chaud. »

 

Cette année, la saison est partie sur de meilleurs auspices. « Le potentiel de départ est intéressant, on a beaucoup de fleurs et la pollinisation est bonne. On a dix à quinze jours d'avance grâce au mois de mars qui a été très ensoleillé et chaud. La floraison est presque exceptionnelle. » Malgré ce départ en trombe, les vergers ne sont pas encore à l'abri de mauvaises surprises, avec des gelées annoncées dans les prochains jours. « On est très confiant, mais c'est encore trop tôt pour se prononcer. Il faut passer la Saint-Georges le 23 avril, et les saints de glace. On sera fixé après le 15 mai. »

Une floraison précoce sur tous les arbres ?

« Tous les arbres ont beaucoup fleuri. Les premiers fruits apparaissent fin mai avec les cerisiers. Pour les pêches, c'est mi-juin, les poires et prunes courant juillet, et les premières pommes sont ramassées autour du 15 août. »

Comment entretenir ses fruitiers ? 

« Normalement il n'y a plus beaucoup d'interventions à faire. Il faut éviter de travailler le sol, surtout ne pas utiliser de motoculteur, et avoir une herbe tenue bien rase. Le taillage se fait pendant l'hiver, surtout sur les pêchers. L'arrosage s'effectue en priorité sur les arbres de moins de trois ans, à raison d'une fois par mois avec au minimum 50 litres d'eau, entre avril et septembre. Au niveau de l'engrais, les amendements se font en fin d'hiver, il doit être réalisé légèrement, à raison d'une semence au départ, et ensuite tous les deux-trois ans. Il faut éviter les engrais chimiques. Ils font vite pousser les arbres, mais attirent les pucerons. Pour lutter contre le gel, on peut mettre une bâche ou un voilage. Le choix des variétés est aussi très important. Il vaut mieux des anciennes et rustiques, à peau épaisse pour les pêches par exemple, car elles sont moins sensibles aux ravageurs ».

 

 

Quels moyens pour lutter contre les ravageurs et maladies ?

« Les pucerons, carpocapses et chenilles sont les ravageurs qui reviennent le plus souvent. Comme maladies, on retrouve la tavelure et la moniliose qui pourrissent les fruits, énumère l'arboriculteur ». Quelles sont les solutions pour les traiter ? « Des pièges à phéromones existent pour les pommes, à mettre vers la mi-mai, mais souvent ce n'est pas suffisant. Il faut absolument ramasser et détruire les fruits véreux au fur et à mesure. Pour lutter contre les ravageurs, l'important est de ne pas nuire à la biodiversité et de favoriser les auxiliaires qui s'en nourrissent, comme les coccinelles, les mésanges ou les chauves-souris. Il faut préserver aussi les vieux arbres qui possèdent des cavités pouvant les abriter ».

Pour le producteur fruitier, « tout problème a une solution naturelle, il faut accepter d'avoir des arbres avec des défauts mais qui sont sains. De toute façon aujourd'hui un particulier n'a plus accès à des particularités chimiques pour les traitements, et il est plus contrôlé. Le temps où on allait acheter des boîtes d'insecticides est fini. »

Florent Leybros
Photos Cécile Champagnat

La Montagne 19/04/2017