18 mai 2017

Rob Greenfield, heureuse vie dédiée à l'écologie

Rob Greenfield, heureuse vie dédiée à l'écologie
Rob Greenfield, son engagement pour la protection de l'environnement

Le militant écologiste Rob Greenfield était à Néris-les-Bains (Allier), lundi 15 mai, avant la dernière conférence de sa tournée européenne samedi 20 mai à Paris.

On le connaît surtout pour l'opération Trash Me, durant laquelle il a porté sur lui les déchets produits pendant un mois. C'était à New York en 2016. Mais l'Américain Rob Greenfield a aussi traversé les Etats-Unis à vélo en ayant le minimum d'impact sur l'environnement, l'Amérique du Sud sans un sou en comptant sur la générosité de la population, et a vécu pendant plusieurs mois dans une maison de 5 m2 de façon autonome.

Inauguration d'une rue 

Avant sa prise de parole, le militant écologiste de trente ans a inauguré "la rue Jardin", le nom officieux de la rue du capitaine Migat, à Néris-les-Bains, où l'office de tourisme a installé, avec les enfants de l'école élémentaire et quelques habitants, des jardinières, dans la mouvance des Incroyables comestibles.

« Partager ce qu'on pour posséder moins, et avoir moins besoin de travailler pour profiter de la vie » est le crédo de l'activiste, qui se balade sourire aux lèvres et pieds nus, « au-dessus de 14/15 degrés » tout de même.

 

« Il est plus difficile de vivre une vie dans laquelle il faut gagner beaucoup d’argent pour subvenir à des besoins importants »

 

L'éveil de la conscience écologique

« En 2011, j’ai commencé à regarder des documentaires et à lire des livres, sur nos modes de vie, la nourriture que nous consommons et les déchets que nous produisons. J’ai été assez perturbé par le fait que mon style de vie détruisait l’environnement que j’aimais. Je me suis fait une liste de choses à faire, que j’ai accrochée sur mon frigo. Il fallait que je raye un élément chaque semaine pendant deux ans. Des choses simples comme utiliser des sacs réutilisables pour les courses et acheter des produits locaux au marché. Nettoyer la plage aussi... Je me suis rendu compte que j’étais plus heureux et en meilleure santé. Je voulais d’abord être le changement avant de sensibiliser les gens. »

Plus d'adresse ni de permis ou de compte bancaire

« Difficile ? Oui et non. Avec le recul, je me rends compte qu’il est plus difficile de vivre une vie dans laquelle il faut gagner beaucoup d’argent pour subvenir à des besoins importants. C’est stressant de toujours vouloir plus, le dernier gadget, la voiture qui brille. C’est une vie basée sur ce que pensent les gens de vous. Ma vie aujourd’hui est beaucoup plus simple. Je fais ce qui est bien pour moi et pour la planète. Je voyage et je sensibilise les gens à l’environnement. Ma maison, ce sont les États-Unis. »


Rob Greenfield avec tout ce qu'il possède.

La vie de l'Américain moyen avant

« Oui, j’ai grandi dans une petite ville, Ashland, Wisconsin. À l’université, j’ai étudié la biologie et la chimie. Et je faisais la fête. Mon but était de devenir millionnaire avant mes trente ans. Et mon job à temps partiel, c’était de courir après les femmes ! J’ai ensuite eu une société de marketing. »

Tout quitter comme conseil ?

« Non bien sûr. Mais il y a des centaines de façons d’avoir un impact positif sur le monde qui nous entoure. Comme faire pousser ses propres fruits et légumes, au lieu de les acheter. Faire du vélo et marcher plus et utiliser moins sa voiture. Boire l’eau du robinet, qui est deux mille fois moins chère que l’eau en bouteille, et est source de moins de destructions. »

Ses prochains projets

« Je rentre aux Etats-Unis le 21 mai. Je vais traverser le pays à vélo, de New York à Seattle. Mais cette fois, ce sera un voyage communautaire, du 29 mai au 18 août : 82 jours, donc les Français, qui ont un visa de 90 jours, peuvent participer. Quarante personnes se sont déjà inscrites. L'idée est de planter des arbres et de la nourriture sur le chemin. Et mon prochain projet, en 2018, sera basé à Orlando, en Floride. Pendant un an, je ne vivrai qu'à partir de ce que je fais pousser, de ce que je cueille et de ce que je chasse. J'ai vraiment hâte. J'aimerais pouvoir démarrer tout de suite ! Ce sera ouvert aussi aux gens. J'organiserai des ateliers hebdomadaires. »

Quel impact sur les gens ?

« Je communique beaucoup sur les réseaux sociaux, Internet. J'ai des retours positifs. Rien que des personnes qui me disent qu'ils ne boivent plus d'eau en bouteille... L'autre jour, j'ai reçu une photo d'une dame et sa poubelle à moitié vide. Elle m'a expliqué qu'elle la sortait quasi quotidiennement avant. J'ai des retours de gens qui m'expliquent avec quitter leur boulot de bureau pour faire ce qu'ils aiment. »

 

« Je suis très heureux ! Pas tous les jours mais à peu près 350 jours par an. »

 

 

Pour le suivre  

Le site Internet : robgreenfield.tv
La page Facebook : fr-fr.facebook.com/RobJGreenfield

 

Propos recueillis par Seher Turkmen
Photo : Bernard Lorette et Antoine Cassier

La Montagne 18/05/2017